Coupable? Vraiment?


Poubelle renversée, souliers anéantis, petit cadeau non-emballé dans le lit: chaque propriétaire de chien doit faire face à ce type de mésaventure à un moment ou à un autre de l’éducation de la bête. Les vidéos et photos de chiens affichant un air coupable fusent sur les réseaux sociaux attirant franche rigolade. La question est la suivante: Que doit-on comprendre de ce comportement? Cet article vise à décortiquer ce mythe de la pauvre bête repentante, mais aussi à outiller les propriétaires de chien sur la bonne manière de réagir lorsque leur salon se transforme en champ de bataille.

 

Hashtag anthropomorphisme!

Nous avons tendance en tant que bipèdes bien assumés à attribuer des réactions et des émotions humaines à nos compagnons poilus. Que ce soit par amour, par frustration ou par manque d’explication, c’est un raccourci fréquent, mais ô combien risqué. Lorsqu’on présume que notre chien se sent coupable de son dégât, on met de côté l’émotion réelle qu’il vit, c’est à dire de la peur. Au moment où le propriétaire arrive à la maison et marche dans une petite flaque bien dorée, l’animal perçoit automatiquement dans son visage les effluves de pré-tempête. Il n’est pas en mesure de faire le lien que c’est lui qui a fait le pipi, mais s’adapte en affichant le plus de signaux pacificateurs qu’il peut afin de limiter la réaction de son humain.

 

Exemple pour les visuel(le)s

À chaque fois que Panini fait tomber la poubelle pour y déceler ses trésors, ses propriétaires le mettent dans sa cage dès la découverte du désastre. Il y est tellement habitué, que désormais, il s’y rend automatiquement en courbant le dos lorsque ses propriétaires aperçoivent la poubelle. Ce qui est encore plus frappant, c’est que si la poubelle se renverse  pour une autre raison que les explorations olfactives de Panini, ce dernier se précipite quand même dans sa cage au retour de ses propriétaires. Pire encore, si le propriétaire renverse la poubelle lui-même en regardant Panini et en affichant un air fâché, le résultat sera le même. Pire pire encore? On ne l’entendra même pas marmonner, lors de son retour vers sa cage «c’est trop injuste, c’est même pas moi qui l’ai fait tomber cette fois-ci...». Ce qu’on doit en conclure, c’est que Panini a associé «poubelle par terre» à «humain fâché». Aucune étude scientifique ne prouve que les chiens peuvent ressentir de la culpabilité. Ils peuvent par contre faire preuve d’un excellent sens de l’observation quant aux expressions faciales de leur propriétaire et aux conséquences qu’elles annoncent.

 

Pourquoi est-il inutile de punir dans cette situation?

La punition est inutile dans cette situation, car il est beaucoup trop tard pour que le chien fasse le lien entre le dégât et lui. Dans la majorité des cas, la punition ne règle pas le problème et l’empire souvent à cause de l’anxiété qu’elle crée chez l’animal. Assumer que la punition permettra d’apprendre au chien à ne pas répéter ses erreurs est encore une fois de l’anthropomorphisme et un billet cognitif important. Cela peut avoir des conséquences sérieuses sur le lien qui nous unit à nos animaux.

 

Comment dois-je réagir à l’avenir?

 

Ce qui est positif dans la situation est que nous, les humains, avons la capacité d’apprendre de nos erreurs, alors profitons-en! D’abord, le propriétaire doit éviter à tout prix de réprimander son chien et tenter d’afficher un air neutre le plus possible pendant qu’il ramasse le dégât. Il doit plutôt se concentrer sur les raisons qui ont poussé Panini à renverser la poubelle, quitte à faire appel à un ou une spécialiste du comportement animal pour l’aider dans cette démarche. Finalement, un plan d’action visant à répondre aux besoins du chien doit être mis en place, que ce soit par l’augmentation de l’activité physique ou mentale ou par un passage chez le vétérinaire.

 


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